vendredi 27 février 2009

La force majeure

Tout "progrès" - ou plutôt toute idéologie progressiste, je veux dire toute attention excessive et enthousiasme suspect à l'endroit de ce qu'il y a , ou pourrait avoir, d'effectivement amélioré dans la condition des hommes - sous-entend en effet et inévitablement le projet fou d'une résolution des maux essentiels par une diminution ou une suppression des maux accidentels : comme s'il pouvait suffire d'une découverte scientifique ou d'une meilleure organisation sociale pour arracher les hommes à leur nature insignifiante et éphémère, autant dire d'une amélioration de l'éclairage municipal pour triompher du cancer ou de la mort. Cette estompe de l'essentiel, auquel on ne peut rien, au profit de l'inessentiel, sur lequel on peut agir, autorise sans doute une satisfaction d'ordre compensatoire et hallucinatoire. Mais elle est aussi, je le répète pour terminer, la marque d'une aberration profonde, d'une confusion à caractère pathologique même si elle est le fait courant de personnes que nul ne songerait à faire soigner, - et ce à juste titre d'ailleurs, et doublement juste : car il s'agit généralement là d'une folie sans remède et sans réelle gravité; encore qu'elle puisse, il est vrai, entraîner à l'occasion quelques inconvénients sérieux pour l'entourage, comme en témoigne le succès politique de certaines idéologies collectives.

Clément Rosset

jeudi 22 janvier 2009

Mark Hollis

vendredi 16 janvier 2009

Live at Paradiso

jeudi 18 décembre 2008

La république




















photos : Grigoris Lagos, copyight











jeudi 13 novembre 2008

QUI-VIVE

Df : État où l'on est sur ses gardes, prêt à parer à une attaque, à un danger, à une menace. [Besenval] était loin de regretter ces temps de trouble et d'agitation féodale (...). Il se félicitait donc de vivre sous un régime qui avait mis fin à ce qui-vive perpétuel (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 12, 1857, p. 498). La nuit blanche et la lumière crue défaisaient les visages (...) le salon peuplé à cette heure insolite évoquait le qui-vive et l'incertitude d'un campement improvisé en plein vent (Gracq, Syrtes, 1951, p. 119).
Le plus souvent en loc. adv. sur le qui-vive. Se tenir, vivre sur le qui-vive. Cependant le maître de la maison (...) était toujours sur le qui-vive, à cause des huissiers, (...) couchant chaque nuit dans un quartier différent (Baudel., Paradis artif., 1860, p. 400). Moi, une grenade dans chaque main (...), m'arrêtant tous les dix centimètres pour m'orienter, écouter, voir, entendre, flairer le danger, aux aguets, sur le qui-vive, toutes mes facultés tendues et le cœur mortellement chahuté (Cendrars, Main coupée, 1946, p. 125).

vendredi 7 novembre 2008

Writer de torts



"Quelque chose s'entête en moi, s'obstine de façon peu offensive, mais remarquable -encore suis-je le seul à le remarquer."
Journal de trêve, Frédéric Berthet

de saison













" Le drapeau va au paysage immonde, et notre patois étouffe le tambour. Aux centres nous alimenterons la plus cynique prostitution. Nous massacrerons les révoltes logiques. Aux pays poivrés et détrempés ! - au service des plus monstrueuses exploitations industrielles ou militaires. Au revoir ici, n'importe où. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce; ignorants pour la science, roués pour le confort ; la crevaison pour le monde qui va. C'est la vraie marche. En avant, route ! "

Démocratie, Les Illuminations, Rimbaud